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 Waterloo

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Pedro Kantor

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Date d'inscription : 17/07/2010
Age : 26

MessageSujet: Waterloo   Sam 15 Jan - 1:32



Film Russo-Italien de Sergueï Bondartchouk, de 1970
Production de Dino de Laurentiis
Avec Rod Steiger, Christopher Plummer, Orson Welles, Virginia McKenna ...






Le film historique est une chausse-trape
sur laquelle bien des réalisateurs de renom ce sont déchirés. Que l'on
songe par exemple au déplorable "Alexandre" d'Oliver Stone. Ou plus
généralement aux grosses mécaniques hollywoodiennes, roulant sans
ménagement sur la véracité historique, au profit d'un divertissement
tout relatif. Sergueï Bondartchouck se sort magnifiquement du piège,
réalisant un spectacle de grande envergure.



On y suit les tribulations d'un Napoléon vieilli, des affres de
l'Abdication de Fontainebleau, jusqu'à la résurrection des Cent-Jours,
et le désastre final belge. Le film s'ouvre ainsi sur l'Empereur,
entouré de ses Maréchaux, tous le pressant de signer l'acte
d'abdication.



Récit de la défaite finale des espoirs napoléoniens, le film nous
propose aussi un portrait vivant du "grand homme". Il serait injuste de
ne pas signaler la présence de Rod Steiger (oscarisé quelques années
plus tôt pour son rôle de Bill Gillepsie dans "In the Heat of the
Night"), qui propose une vision de Bonaparte tout à fait crédible. Et
puissante. On le voit ainsi, postillonnant, éructant des ordres, suant
en dictant ses lettres à ses secrétaires, pleurant face à ses grognards,
méditant avant une bataille, attendri et pessimiste en pensant à son
fils, presque brisé par la maladie, écrasé par sa gloire ... C'est une
des forces de la pellicule, de proposer un portrait nuancé du
personnage, sans trop tomber dans la noirceur ou l'angélisme. On
établira certains parallèles avec Hitler tout de même (la scène du
balcon, à Grenoble, par exemple), assez logiques quand on connaît la
réputation de l'Empereur en Russie. L'Empereur hante véritablement le
film, c'est une ombre permanente, un souffle (on songera au rideaux
secoués lors de la réception de la duchesse de Richmond) qui emporte les
hommes.



Derrière Rod Steiger, Orson Welles, pour son court passage à l'écran,
s'impose aussi, en Louis XVIII. Christopher Plummer incarne quand à lui
un Wellington ironique, au flegmatisme très anglais, presque détaché,
mis en opposition avec Napoléon dans une série de plans habiles. Et Dan
O'Herlihy est un Maréchal Ney flamboyant et convaincant.



Mais, le climax du film reste bien entendu la bataille elle même. Avec
les moyens énormes mis à sa disposition par Dino de Laurentiis (20.000
figurants, qui paraissent presque ridicules au vu des 120.000 de Guerre
et Paix !), Bondartchouk se livre à une débauche de fureur. Bien
documenté, le film peut en outre s'appuyer sur la qualité des costumes.
Et loin de décrire une succession d'anecdotes vaguement reliées entre
elles, il exhibe un compte-rendu précis, détaillé et fouillé des
évènements. Les charges de cavalerie sont particulièrement réussies
(celle des Scot Greys, et celle de Ney contre les carrés anglais).
L'artillerie tonne dure. L'atmosphère des combats de l'époque est rendue
fidèlement, avec ce qu'il y avait d'indécis, de prouesses tactiques, de
moments de bravoure. On pourra regretter toutefois, que l'on ait pas
plus insisté sur l'horreur de l'après-combat, et les milliers de
blessés, bien souvent réduits à l'estropation (légèrement évoqués par ce
soldat cul-de-jatte saluant l'Empereur à Grenoble). Sur l'insanité des
hôpitaux de campagne.



Au final, c'est un film héroïque, divers et intéressant. Bilan de
l'épopée Napoléonienne, partie de rien, et qui s'achève dans la nuit (on
a coutume de dire que Napoléon a rendu la France plus petite qu'il ne
l'avait prise). Portrait d'un homme, dépassé par les évènements, par son
prestige, entraîné malgré lui par une Histoire qu'il pense modeler à sa
volonté. Réflexion sur l'Histoire aussi donc, et sur la versatilité des
dieux qui y président. Mais aussi, exposé du courage des hommes
impliqués dans l'aventure. Car c'est d'hommes qu'il est question au fond
dans ce film. Et de l'absurdité de la guerre. En témoigne la dernière
réplique d'Arthur Wellesley : "Juste à côté d'une bataille perdue, la
chose la plus triste du monde est une bataille gagnée". On quitte
l'expérience cinématographique au milieu des cadavres des tuniques
rouges, et des soldats de la Vieille-Garde.
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